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CV_Emilie Cognard_français
Lebenslauf_Emilie Cognard_deutsch

scénographe, plasticienne, architecte
née en 1983 en Bourgogne, France
vit et travaille aujourd’hui à Berlin

Titulaire d’une licence d’études théâtrales, d’une licence d’arts plastiques et d’un diplôme d’état d’architecte de l’ENSA Paris-La Villette avec félicitations du jury, Emilie Cognard a reçu en octobre 2020 une bourse de création attribuée par le Sénat berlinois pour la Culture et l’Europe, lui permettant de produire une œuvre (travail en cours) aux frontières de l’installation et de la scénographie pour la danse.

          Dans un déplacement constant du présent à l’absent et de l’absent au présent, Emilie Cognard développe une pratique pluridisciplinaire articulée autour du graphein* – écrire et dessiner – et sous-tendue par un questionnement sur les dualités propres à nos cultures. Explorant divers types de tissus – urbains et architecturaux, paysagers, textuels, corporels – convoquant le tracé et la trace, l’action d’Emilie Cognard interroge les notions attenantes d’homogène et d’hétérogène, de visible et d’invisible, de plein et de vide, de mémoire et d’oubli, de parole et de silence. Comment ce qui est à priori absent peut-il nous aider à lire et écrire le présent ? Comment agit-il sur nous, sur nos perceptions, nos corps, nos environnements ? Comment l’interruption, la discrétion, peuvent-elles participer à des stratégies alternatives de résistance et de réconciliation aux lectures dualistes de nos réalités ? Les outils du graphein, opéré par Emilie Cognard à l’échelle de l’espace et du papier, sont de natures diverses et simples (cordes, fils barbelés, branches, néons lumineux, objets et surfaces usés du quotidien, eau, encre à la plume et au pinceau etc.). Superposés, métamorphosés, cadrés avec précision, ils proposent un traitement scénographique, plastique, architectural proche du minimalisme et de l’abstraction. Sombre, l’écriture d’Emilie Cognard tire sa « couleur » dans la prise de distance que l’œil doit effectuer de la perception quotidienne pour s’habituer à la différence parfois à peine perceptible avec le réel, et découvrir ainsi la variété au sein même de l’unité. Peu confortable, elle est une écriture qui porte le réel au-delà de lui-même, la ligne au-delà d’elle-même, le corps au-delà de sa matérialité, le comédien au-delà du jeu, la mise en scène au-delà de la scène, l’espace au-delà du lieu, l’esprit du côté de l’âme. Dans une interconnexion étroite et permanente, naissent des œuvres entre délicatesse, poésie, étrangeté et mystère qui, côtoyant l’invisible, l’absence, le silence soulignent les potentialités de l’entre-deux.

             Depuis ses études parisiennes débutées en 2001 au sein des universités Paris III – Sorbonne nouvelle, Paris VIII, puis à l’ ENSA Paris-La Villette, enrichies parallèlement par des cours de dessin, sculpture, histoire de l’art aux ateliers Beaux-Arts de la Mairie de Paris, Emilie Cognard construit un parcours pluridisciplinaire entre scénographie, art et architecture. L’année 2005 marque les premières installations et scénographies. En 2010, elle réalise une année d’études à l’université d’art, section architecture, de Berlin, ville où elle s’installe définitivement fin 2012. Elle prend alors contact avec le scénographe Jan Pappelbaum à la Schaubühne de Berlin et devient son assistante à partir de 2014. Année où elle est également assistante scénographe sur la création de la chorégraphe Sasha Waltz à la Staatsoper de Berlin et débute en tant que scénographe dans la scène indépendante Berlinoise. En 2015, elle poursuit sa collaboration avec Jan Pappelbaum pour la création de Bella Figura mise en scène par Thomas Ostermeier à la Schaubühne. Pour les saisons 15/16 et 16/17 elle y obtient un poste d’assistante scénographe permanente et collabore alors, aux côtés de scénographes aux esthétiques fortes et marquantes, à diverses productions mises en scène par Michael Thalheimer, Falk Richter, Nicolas Stemann, Katie Mitchell et Milo Rau. Durant cette période, elle travaille également en son nom à la Schaubühne, notamment sur Macht was Ihr wollt et PEMDAS (FIND Festival 2017, m.e.s. Christoph Buchegger). Entre 2017 et 2019 elle collabore régulièrement avec les metteurs en scène Claudia Marks et Rafat Alzakout et signe notamment les scénographies de Ya Kebir et Your love is Fire (Performings Arts Festival-Berlin, Ruhrfestspiele-Recklinghausen, Edinburgh Festival Fringe, Thalia Theater Hamburg). Parallèlement, elle collabore en 2018 pour la conception et la réalisation de son installation zu Füssen der Steine liege ich Dir zu Füßen avec l’architecte Andreas Trampe-Kieslich (OMT architecture & urban design). Elle intervient également la même année en tant que conceptrice de la scénographie et des installations aux côtés de l’artiste Katharina Ziemke pour son exposition La lune, comme un sabre blanc à la Galerie Isabelle Gounod à Paris. Avec ses dessins à l’encre, elle participe en 2019 à l’exposition collective et vente aux enchères 100 unter 100 organisée par l’espace pour l’Art Studio Baustelle à Berlin. En 2020, elle entame une collaboration avec le metteur en scène Martin Ambara (annulée, reportée à l’été 2021) et développe le projet Silence 6, constitué dans ses deux premiers temps d’une série de dessins et d’une installation. Le troisième temps du projet, soutenu par le Sénat berlinois pour la Culture et l’Europe, en collaboration avec la chorégraphe et danseuse Evelin Facchini et le compositeur et musicien Christian Grothe, l’amène à redéfinir les processus de création d’une scénographie pour la danse et à réinventer sans cesse sa pratique artistique.

*Graphein, terme du grec ancien, à l’origine du suffixe -graphie, dont le sens premier est “faire des entailles”, “graver des caractères”, écrire, mais aussi dessiner. Etymologie du terme scénographie, skênographia (skênê « scène » et graphein « écrire »).

 

 

 

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